Live Report – Daddy Reggae – Place de la République, Paris (75)

En voilà un beau cadeau pour les amateurs de Roots en ces périodes de fête ! Le samedi 26 décembre, Daddy Reggae est venu poser son camion avec son Sound System place de la République à Paris pour une session Roots en plein air et totalement gratuite. Que demande le peuple ?

Daddy Reggae

Daddy Reggae

 

Tout lecteur qui a été au Dub Camp Festival en 2015 (lire le live report) sait à quoi s’attendre avec Daddy Reggae et son Truck System : un camion jaune laissant assez de place à l’arrière pour installer une sono composée de deux stacks. La place du conducteur devient la place du sélecteur Daddy Reggae qui se retrouve entouré d’une pléthore de pépites Roots, de Specials et de Dubplates, le tout dans une sélection essentiellement vinyle.

Daddy Reggae

Daddy Reggae

Nous voici donc sur place à 17h00, une manifestation ayant lieu place de la République, Daddy Reggae ne peut pas s’y installer. Qu’à cela ne tienne, nous le retrouvons non loin de là au début de la rue René Boulanger. La session semble à peine avoir commencé, nous ne sommes qu’une dizaine à profiter d’une sélection essentiellement axée Roots Rockers. Daddy Reggae commence la session en beauté avec des titres comme ‘Don’t Let Me Down’ de Marcia Griffiths, le grand classique ‘The Israelites’ de Desmond Dekker ou encore une excellente version toastée du riddim ‘Only A Smile’ par U Roy.

Le début de session est aussi l’occasion d’introduire deux grands chanteurs qui referont leur apparition plus tard dans la sélection : Errol Dunkley (avec l’excellent titre ‘You’ll Never Know’) et John Holt (avec le titre ‘Since I Fell For You’). Le public grandit peu à peu et les passants, parfois perplexes, esquissent toujours un sourire une fois happés par le son.

A 17h40, Errol Dunkley est de retour dans la sélection avec la big tune ‘A Little Way Different’, le ton monte, l’envie de skanker devient irrépressible ! Et on enchaîne directement avec le grand classique ‘Skylarking’ d’Horace Andy, les choses sérieuses semblent commencer. D’autant plus que la manifestation est terminée place de la République, c’est donc sur fond de ‘Skylarking’ que Daddy Reggae déplace son camion pour s’installer sur un petit bout de la place juste en face du boulevard Magenta. D’un coup on se sent plus à l’aise, le public peut prendre place près des enceintes sans craindre la circulation.

Daddy Reggae

Daddy Reggae

Ce changement de lieu coïncide avec une sélection de plus en plus dansante pour aller vers du Roots Stepper. On a droit à un bel enchaînement de big tunes telles ‘Man In Love’ des Chantells, ‘Jah Golden Pen’ de Sylford Walker et ‘Naw Go A Them Burial’ de Prince Alla. Très vite il se forme un noyau dur de danseurs effrénés qui restera quasiment le même jusqu’à la fin de la session.

Par la suite, Daddy Reggae nous envoie une bonne dose de Specials enregistrés spécialement pour son ancien Sound Jumbo Rock, les pull-ups deviennent alors monnaie courante. On comprend là son amour pour le Roots puisqu’on pourra entendre Junior Murvin à deux reprises (dont une fois sur le riddim de ‘Police & Thieves’), Horace Andy (sur le riddim de ‘Skylarking’) ou encore John Holt (sur le riddim de ‘Ghetto Queen’), que des tueries ! Il nous est impossible de décrocher !

Entre deux grosses sélections de Specials, Daddy Reggae continue à jouer quelques belles pépites Roots comme ‘Man Next Door’ de Dennis Brown, ‘Dread In A Babylon’ de Bobby Thomas ou encore ‘When I Fall In Love’ des Tamlins. Ce beau programme fait tenir le public en haleine, à aucun moment il ne désemplit.

Vers 19h00, l’inimitable voix de Gregory Isaacs se fait entendre sur le titre ‘Don’t wanna be lonely tonight’. C’est l’occasion pour Daddy Reggae de laisser le tempo ralentir un peu pour ensuite nous amener vers un registre un peu plus Rub-A-Dub/Early Dancehall, mais toujours dans un esprit Roots. Un invité surprise vient se faufiler dans l’unique place passager du camion et prend le micro pour faire du freestyle sur les versions Dub. Au milieu de tout ça vient se glisser un Ska au chant féminin diablement efficace pour faire skanker le public (‘Jacky’ des Singes Verts). La session se termine vers 20h00 avec le fameux ‘Buffalo Soldier’ de Bob Marley.

Daddy Reggae

Daddy Reggae

 

3h00 de session Roots en plein air en plein Paris, je n’ai qu’une chose à dire : chapeau bas Daddy Reggae ! La sélection était au top, les Specials ravageurs, l’ambiance conviviale, que demander de plus ? Avec son concept de Truck System, Daddy Reggae arrive autant à captiver les amateurs avertis de Reggae que les passants curieux ou les jeunes familles, big up !

Live Report et Photos : Raphaël