Live Report – Dub Camp Festival 2016 – Carquefou (44) – Part.1

Le Dub Camp Festival célébrait sa troisième édition du 7 au 10 juillet 2016, avec encore une fois une programmation exceptionnelle que Culture Dub ne pouvait pas rater ! Dans cette première partie, nos reporters partent à la découverte du nouveau site, racontent leur première soirée avec Vibronics et Channel One, et livrent leur premiers coups de coeur pour King Earthquake, Legal Shot et Indica Dubs !

Dub Club Arena

Dub Club Arena

 

À la découverte du nouveau site, par Johann et Loob :

Principale nouveauté pour cette édition 2016, c’est bien sûr le changement de lieu. Après deux premières éditions au Pellerin le long du canal de la Martinière, le festival s’est déplacé à Carquefou, en banlieue nantaise. Un site pas vraiment plus grand, mais plus fonctionnel, du moins pour les festivaliers. Et tant pis pour les riverains, qui durant 4 jours n’auront pas toujours dormi paisiblement…!

Première bonne nouvelle, le site du festival est situé à proximité du camping, et limite la marche pour les festivaliers qui ont pu économiser leurs jambes pour danser un peu plus ! Le camping justement, s’est aussi nettement amélioré, l’association Get Up a fait de gros efforts là-dessus en y installant plus de douches et de toilettes, un marché avec vente de fruits et légumes, un service de petit-déjeuner, et un chapiteau avec sa propre programmation, l’Uplift Corner, dont nous parlerons plus en détail dans une prochaine partie.

A l’intérieur du festival, ce qui nous frappe de suite, c’est l’accent qui a été mis sur la décoration. Un immense bar central tout en palette trône au beau milieu de la prairie, embellit par de magnifiques tableaux de Sil Cunningham, fameuse artiste-peintre anglaise dont les oeuvres figurent régulièrement en couverture du magazine Reggae Vibes, et qui a récemment illustré un album de I Kong (lire la chronique). Présentes un peu partout également, les peintures de Ras Mykha inspirées de la Culture Rastafari, renforcent ce sentiment de bien-être ressenti dès notre entrée sur le festival.

De nombreux stands entourent les chapiteaux, ceux de nourriture plus nombreux que l’an dernier pour moins d’attente, et ceux de vinyles comme Control Tower, Dub Livity ou encore Zion Gate (Oneness Records). Le Sound System de Haute-Savoie Hyso Dub est également présent avec un petit stack illustrant leur activité de fabricants de caissons. Bref, tout a été pensé et optimisé pour faire de ce nouvel endroit un site agréable pour tous. Maintenant place à la musique !

 

Channel One

Channel One

 

Début des festivités dès le jeudi soir, « Opening Session » racontée par Johann :

Après la découverte de ce nouveau site, j’arrive pendant le set du crew Emperorfari de Leicester. Son sélecteur Scee Naphtali est en grande forme et joue déjà du Warrior style, notamment une big dubplate et sa version au mélodica, terrible ! Dommage qu’il n’ait joué qu’une heure, j’en aurai bien repris un peu…

C’est ensuite Channel One qui prend le relai. Mikey Dread commence traditionnellement par du Reggae Roots et des classiques de Horace Andy, Burning Spear ou encore le big ‘Mr Bossman’ de Cultural Roots. Pendant ce temps, le MC Ras Kayleb se prépare tranquillement. Il est accompagné ce soir là au micro par l’excellent Ramon Judah, ainsi qu’une section cuivre composée de Matic Horns et du hollandais Rootsman.

Matic Horn

Matic Horns

Mikey Dread accélère progressivement le rythme de sa sélection, pour arriver sur des tunes Stepper. Lorsqu’il lance les premières notes de ‘Cyan Tan Yaa’ de Jerry Lionz c’est la première grosse réaction du public, et la conséquence est immédiate : pull up obligatoire ! Matic Horns et Rootsman joueront sur la version, c’était énorme ! On aura ensuite entendu notamment la tune ‘Come Farmer Come’ version Steppa de Linval Thompson ou encore un nouveau son de Danny Red intitulé ‘It’s Not A Crime’ qui devrait sortir prochainement. Vient enfin l’heure de la last tune, et Channel One laisse la place bien chaude à Vibronics !

Celui-ci ne va pas laisser retomber le rythme, en jouant des tunes très rythmés, comme le nouveau vinyle de Higher Meditation ‘King Of Glory’ sorti sur le label Skank’O'Clock Records (lire la chronique), le terrible ‘Are You Ready’ de Macka B, ou encore ‘R.A.S.T.A.F.A.R.I.’ de Professa Natti. Madu Messenger accompagne Steve Vibronics, et transforme ce dernier titre en ‘V.I.B.R.O.N.I.C.S’ ! La chanteuse capverdienne Nish Wadada présente durant les 4 jours a aussi fait une première apparition remarquée. Un très bon set une fois de plus !

Le crew rennais I-Skankers, dont c’était le Sound System qui sonorisait la Sound Meeting Arena de ses 8 scoops, va se charger de terminer cette première soirée, avec une sélection assez pointue Conscious & Warrior Style de la sélecta Lylloo. Les MC’s sont chaud bouillants, que ce soit Steppin Pablo ou FatJiem, tout comme le reste du crew, et les I-Skankers vont nous offrir 1h30 de set intense. Le public est déjà très nombreux pour cette première soirée, et l’ambiance déjà surchauffée. Grâce à eux, on aura même eu le droit à un rappel après la last tune… Autant dire que cette première soirée promettait déjà un festival de folie !

 

U-Roy

U-Roy

 

La Rub A Dub session de Legal Shot et ses invités de marque, vue par Johann & Loob :

Le vendredi, un grand moment nous attendait à la Dub Club Arena, le second plus grand chapiteau du Dub Camp. Legal Shot y a installé 2 stacks, et a pour hôtes ce soir plusieurs légendes jamaïcaines : U-Roy, Michael RoseJohnny Clarke, Michael Prophet, Prince Alla et Robert Dallas, excusez du peu !

En guise d’introduction à ce moment d’anthologie, c’est U-Roy qui débute seul au micro avec son King Stur Gav Sound, du nom du Sound System qu’il a lui même créé dans les années 1970. Son sélecteur enchaine les tunes, tandis que U-Roy se contente d’animer avec ses gimmicks légendaires. Si sa voix est restée intacte, lui ne nous a pas semblé en grande forme… Mais à 73 ans, et avec une carrière comme la sienne, une seule chose à dire : respect ! Côté sélection, on aura notamment entendu le superbe ‘What A Night‘ de Beres Hammond, puis du New Roots avec ‘Can’t Sleep‘ de Romain Virgo et trois dubplates de Tarrus Riley, avant de revenir sur du Roots avec notamment le big ‘Fade Away‘ de Junior Byles.

Prince Alla

Prince Alla

Il n’est que 21h et Legal Shot reprend le contrôle de son Sound System. Le sourire jusqu’aux oreilles, Matty Dread annonce les noms de ses prestigieux invités, et explique le déroulement de la soirée : Legal Shot va jouer une ou deux dubplates, suivi de sa version où chaque chanteur pourra a son tour s’exprimer, et ce pendant presque 4h d’affilée ! Mais avec autant de talents au micro, et en comptant les innombrables pull up, chaque riddim se joue pendant 15 à 20 minutes…!

En guise d’exemple, on citera le Real Rock Riddim, entamé par une big dubplate de Johnny Osbourne et son ‘Ice Cream Sound’. En grande forme, Michael Rose, le chanteur mythique de Black Uhuru prend le mic et réinterprète le fameux Guess Who’s Comming To Dinner‘ qu’il transforme en soundclash tune, comme le feront ses poursuivants, dans l’ordre suivant : Johnny Clarke, Michael Prophet, Prince Alla et Robert Dallas ! Au milieu de toutes ces stars, une jeune femme fait alors son apparition, il s’agit de Ponchita Peligros qui interprétera timidement (on la comprend) sa big tune ‘Rock & Come In’, encouragée par le public et par Johnny Clarke qui reprend même le refrain avec elle !

Un peu plus tard dans la soirée, c’est Echo Minott qui rejoindra tout ce beau monde sur la petite scène installée pour l’occasion, lui qui était simplement présent dans le public ! Si on devait attribuer une mention spéciale à l’une de ces légendes de la musique jamaïcaine, elle reviendrait sûrement à Michael Prophet dont la voix et l’énergie nous auront régalées. Bref, c’était clairement un moment qu’il ne fallait rater sous aucun prétexte, tant il est rare de voir ces légendes en Sound System en Europe. Alors, merci Get Up & Legal Shot !

 

Black Rose Sound System

Black Rose Sound System

 

UK Dub Stepper Style avec King Earthquake et Indica Dubs, par Loob & Johann :

Cochée sur notre programme avec la mention « à ne pas louper », la prestation de King Earthquake était un autre temps fort du line up le vendredi soir. Lors de la première édition en 2014 (lire le live report), Errol Arawak alias King Earthquake s’était déplacé avec sa puissante sono. Depuis, celle-ci a malheureusement cramé dans un incendie, et c’est donc au Sound System de Black Rose qu’il convient de résister au tremblement de terre !

King Earthquake

King Earthquake

Le public lui semble prêt à affronter cette avalanche de basses, au point qu’il est même difficile d’accéder au chapiteau Outernational Arena, le plus petit du festival qui ce soir en particulier nous parait bien minuscule ! Dès les premières notes, le son si identifiable de King Earthquake nous transperce les oreilles de ses aigus, et les basses parcourent tout notre corps. Le chapiteau semble à deux doigts de s’écrouler, c’est bien ça l’effet King Earthquake !

À grands coups de dupblates et de prods maisons, Errol nous aura livré une prestation de haute volée, bien qu’un peu courte… Il faut dire qu’elle fut coupée pendant 10 bonnes minutes par un problème technique. Enfin la sono des français Black Rose dont c’était la première sortie au complet aura tenu le choc, c’est le principal. Les warriors skankers auront appréciés, et nous aussi !

Il ne fallait d’ailleurs pas avoir de courbatures dès le lendemain pour assister au set d’Indica Dubs sous le même chapiteau Outernational Arena, mais cette fois sonorisé par Roots Meditation. Après une mini-tournée en Amérique du Sud, Sukh, le fondateur du label Indica Dubs, était de retour en Europe, et il était en grande forme !

Dubmaker ultra-productif, nous le suivons de près à Culture Dub, et nous aurons reconnu plusieurs de ses prods qu’il a joué en cette fin de samedi après-midi, comme le puissant ‘Militant Dub’ avec Uprising Sounds (lire la chronique), ou le désormais classique ‘The Wisest Live Long‘ de Danman (lire la chronique). Le MC d’Iration Steppas que l’on aura aussi entendu sur plusieurs dubplates bien ruff !

Cerise sur le gâteau, Indica Dubs a pu profiter de quelque uns des nombreux artistes présents pour les 4 jours, notamment Ras Mykha et Culture Freeman au micro, ainsi que Rootsman au saxophone. C’est aussi ça l’esprit Dub Camp, le partage et l’unité !

Photos : Loob, Johann & Charlotte © Culture Dub 2016

La suite du live report du Dub Camp Festival 2016 prochainement sur Culture Dub… Stay connected !