Live Report – Dub Camp Festival 2016 – Carquefou (44) – Part.2

Le Dub Camp Festival célébrait sa troisième édition du 7 au 10 juillet 2016, avec encore une fois une programmation exceptionnelle que Culture Dub ne pouvait pas rater ! Dans cette seconde partie, retour sur les belles prestations d’OBF et Iration Steppas, Aba Shanti-I et Blood ShantiKebra Ethiopia et Dub Dynasty, ainsi que sur la Sistreen Session de Blackboard Jungle !

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Iration Steppas

Iration Steppas

 

Heavy Dub Meeting entre Irations Steppas et OBF par Loob :

S’il y a bien un Dub Meeting que nous n’aurions loupé pour rien au monde, c’est bien celui qui s’est déroulé le samedi sous le grand chapiteau entre OBF et Iration Steppas. Pour faire chauffer leurs puissantes sonos respectives, ces deux crews ont d’abord laissé la main à leurs « poulains » : Ubik pour les franco-suisses et Sinaï pour les anglais. Deux bonnes heures plus tard, la nouvelle génération laisse place aux anciens, et OBF peut commencer par une sélection Roots en vinyle au cours de laquelle on aura notamment entendu le superbe ‘Wait A Minute’ de Sista Aisha (lire la chronique) ou le toujours excellent ‘Wicked Rule’ de Martin Campbell. Shanti D et Sr Wilson sont déjà bien chauds et se relaient au micro, tandis que Jahzz, le saxophoniste des sounds bordelais Infinity Hifi et Wandem fera également une apparition remarquée, tout comme la japonaise Kumi Yasuda au mélodica.

Shanti D

Shanti D

De son côté, Mark Iration piaille d’impatience, et quand vient ensuite son tour, il débute également par une bonne sélection Foundation, avec entre autres ‘I A Field Marshall’ de Peter Broggs et Prince Far I ou encore ‘Promised Land’ de Denis Brown suivit du ‘Love Fire’ d’Aswad sur lequel Danman, MC officiel d’Iration Steppas, se presse d’improviser. C’est également le moment qu’a choisi Aba Shanti-I pour rendre visite à ses collègues anglais, et Mark Iration d’en profiter pour se lancer dans un discours sur les Sound Systems pionniers en Angleterre, dont lui et Aba font évidemment partie. Roots & Culture ! Et avant que Stand High Patrol ne prenne le relai, il dégaine une dubplate dont lui seul à le secret, un Dub Stepper électrique très lourd, 90′s style !

Le ton est donné, et à notre retour à la Dub Meeting Arena quelques heures plus tard, l’ambiance est clairement monté d’un cran. Les temps de set se font plus court pour très vite passer à un dub fi dub de 2 puis 1 tune par Sound ! L’occasion pour OBF de sortir des fresh dubplates parmi lesquelles des big tunes de Joseph Lalibella et Daddy Freddy, une nouvelle version du ‘Wicked Haffi Run’ de Danman, ou encore un remix du titre ‘Haffi Bun’ de Mr Williamz signé Iron Dubz… Boomshot ! 

Quant à Iration Steppas, son énergie fait toujours plaisir à voir. Très démonstratif, Mark n’hésite pas à communiquer son excitation à la foule, assurant être comme un gamin quand il se déplace avec son Sound System ! Ainsi, il n’hésites pas à jouer 3 cuts inédits du terrible ‘Dread’ de Dubkasm & Gorgon Sound, enchainé à une perle Roots de Jah Massive. Versatile ! Un des moments forts de son set fut sans conteste lorsque Ras Divarius le rejoint pour jouer en live au violon l’anthem tune de Weeding Dub, ‘Gypsy Dub’, un des titres favoris d’Iration Steppas dixit Mark himself !

Un Dub fi Dub de haute volée, lourd en basses, peut-être même un peu trop selon les dires de certains festivaliers… Mais comme l’a dit Guyhom, l’opérateur d’OBF, le lendemain en conférence, c’est de cette façon que s’écoute le Dub, et nous sommes complètement d’accord avec ça !

 

Aba Shanti I

Aba Shanti-I

 

Aba Shanti & Family, vu par Loob :

Blood Shanti

Blood Shanti

A l’opposé du chapiteau Dub Meeting, une autre performance immanquable se déroule au même moment ce samedi soir à la Dub Club Arena. Les amateurs de UK Dub ont rendez-vous avec le mighty Aba Shanti-I, précédé par le live de son frère Blood Shanti. Une prestation rare – d’autant plus en Sound System – que nous avions déjà eu la chance de voir sur scène au Télérama Dub Festival il y a quelques années (voir la vidéo). Cette fois ci, Blood Shanti est accompagné par l’ingénieur du son Fuzzy Dee, et sa batterie placée sur une petite scène, face aux 2 stacks du Agobun Sound System qui sonorise la dance. Seul aux commandes de la musique, Blood Shanti envoie le riddim avec son sample pad, et rejoue live la batterie. Ce n’est pas tout, puisqu’il chante également, et superbement bien de surcroit ! Un beau moment au cours duquel nous auront apprécié écouter en live les tunes ‘Children of The Most High’, ‘Tear Down Babylon’ ou encore ‘Zulu Warrior’.

A peine le temps de se reposer, et Aba Shanti-I prend possession de la control tower du crew lillois Agobun. Une nouvelle fois, le vétéran va nous livrer une véritable démonstration, tant au niveau de la sélection que de l’animation. De plus, le sound system n’aura jamais aussi bien sonné qu’avec Aba au contôle ! En alternance avec la Dub Meeting Arena, nous aurons tout de même pu assister à la fin de cette big prestation, et profiter de l’ambiance maximale au moment où les premières notes du ‘Victory’ de Dubkasm et Luciano retentirent. Même Aba Shanti a semblé surpris de l’accueil réservé à ce morceau, sorti il y a plusieurs années maintenant, mais dont la puissance semble indémodable ! Et il ne s’agissait même pas de la last tune, puisque pour clôturer son set, il choisi de jouer une dubplate du dubmaker français Jideh aka High Elements, une big tune décliné en 4 parts, de plus en plus warrior ! Alors, on a beau l’avoir vu à de nombreuses reprises, Aba Shanti-I reste une référence et sa superbe prestation n’aura fait que le confirmer un peu plus.

Lui n’était pas présent au Dub Camp, mais je tenais absolument à vous en parler, tant ces tunes ont résonné pendant les 4 jours du festival. Je parle bien évidemment d’Ashanti Selah, le fils d’Aba Shanti et donc neveu de Blood Shanti, fier représentant de la nouvelle génération de dubmakers ! À son jeune âge, Ashanti Selah peux déjà se vanter d’avoir ses morceaux, joués par les plus grands, de son père bien sûr à Iration Steppas, en passant par Alpha Steppa avec qui il vient sortir un vinyle sur le label Steppas Records. Soyons sûr qu’il sera programmé dans les années à venir au Dub Camp Festival !

 

Mo Kalamity & Blackboard Jungle

Mo Kalamity & Blackboard Jungle

 

La Sistreen Session de Blackboard Jungle, par Charlotte :

Lorsque l’on regarde les programmations des soirées et festivals Dub, on se rend compte que les chanteuses ne prennent pas une si grande place que ça, alors que les talents féminins ne manquent pas. Pour y remédier, l’Association Get Up avait d’ailleurs organisé une conférence le samedi intitulée « The Women Touch in the Sound System Culture ».

Ines Pardo & Blackboard Jungle

Ines Pardo & Blackboard Jungle

Côté musique, c’est à la Dub Meeting Arena qu’il fallait être dimanche, au moment où MC Oliva, le chanteur du Blackboard Jungle Sound System laisse sa place à quatre chanteuses de talent. Aux côtés de Nico le sélecteur/opérateur pour cette session strictly sistreens : la chanteuse française Mo’Kalamity, l’espagnole Ines Pardo, l’anglaise Sista Lexxy et la capverdienne Nish Wadada qui se sont passées le micro pendant plus de trois heures ! Un beau mélange de nationalités donc, mais aussi de timbres de voix. C’était une tune par chanteuse à tour de rôle et parfois sur la version du titre que venait de jouer Nico. Les chanteuses qui n’interprétaient pas le morceau prenaient plaisir à faire les chœurs.

Pour ma part, je ne connaissais ni Sista Lexxy, ni Ines Pardo et ça valait le coup de venir les découvrir. Ines Pardo est d’ailleurs en train de préparer son premier album produit par Roberto Sanchez avec qui elle avait fait ses premiers pas dans le Reggae Music. Nish Wadada que nous avons retrouvé tout au long des quatre jours en featurings improvisés avec différents artistes, je pense qu’on peut dire que c’était la chanteuse du festival tant on a pu la croiser et tant elle a assuré ! La voix la plus singulière restait tout de même, à mon goût, celle de Mo’Kalamity qui a bien évidemment interprété le titre ‘Conquering Lion’ qu’avait sorti Blackboard Jungle sur son label en 2011. Était également très attendu le titre ‘Jah Name’ qui avait fait fureur à la première édition du Dub Camp et qui fut à nouveau acclamé. Et quel plaisir enfin d’entendre les paroles du titre ‘Overcome’ tiré de son dernier album avec The Wizards sur un riddim différent.

S’il n’y avait pas autant d’autres artistes à (re)découvrir sous les autres chapiteaux, on aurait sans problème pu rester tout du long pour prendre ces bonnes vibes féminines qui dégageaient une belle unité. Une jeune chanteuse locale est également venue poser sa voix sur un titre, on entendra certainement parler d’elle un peu plus prochainement, vu son talent. Big up les queens, c’était vraiment une belle session !

 

Dub Club Arena

Dub Club Arena

 

Steppas Records à la Dub Club Arena, raconté par Johann  :

Le dimanche, un autre moment à ne pas rater nous attendait à la Dub Club Arena, puisque deux groupes membres du label Steppas Records étaient réunis, les africains Kebra Ethiopia & The University Of Steppas, et Dub Dynasty, composé de Ben aka Alpha Steppa et Christine du duo Alpha & Omega pour ce set, avec en special guests Ras Divarius au violon et Nish Wadada au chant. Un beau programme, d’autant qu’ils sont sonorisés par le superbe Dub Addict Sound System !

Alpha Steppa

Alpha Steppa

C’est donc Kebra Ethiopia qui démarre, et son sélécteur Doc Inity de débuter par du Roots et notamment les morceaux ‘Sweet Africa‘ d’Earth & Stone, ‘Rasta Pon Top‘ des Twinkle Brothers ou encore ‘Africa Unite‘ de Bob Marley. Pendant que Doc Inity joue, l’unique danseur de la University Of Steppas présent en cette belle après-midi se met en place parmi le public et enseigne les pas de danse aux nombreux festivaliers n’attendant que ça et qui se mettent aussitôt à skanker ! Nous avions déjà eu la chance de les voir l’année dernière (lire le live report), ainsi qu’à la dernière Nantes Dub Club de la saison (mais sans les danseurs)… Get Up nous gâte et pour la troisième fois la magie Kebra Ethiopia opère ! Le rythme s’accélère ensuite, et on pourra écouter une dubplate de Talking Dog ou une big tune de Joseph Lalibela. Et pendant que Dub Dynasty s’installe tranquillement, Doc Inity en profite pour aller danser parmi le public entre deux sélections ! Alpha Steppa va même l’aider un peu en jouant la last tune à sa place, qui conclue un nouveau set magique de Kebra Ethiopia.

Vient ensuite le tour de Dub Dynasty, pour ce qui sera une des meilleures sessions du festival. De nombreux artistes sont même venus voir leur performance côté backstage, preuve qu’ils étaient attendus, et pas seulement par les massives ! Christine est à la basse, Ben Alpha à la console, et le live peut commencer par ‘Secret Place‘. Très vite, ils sont rejoints par Ras Divarius pour interpréter le déjà classique ‘Violin Step‘ (avec Ashanti Selah voir plus haut), dont le vinyle s’est écoulé en à peine deux jours ! Seront ensuite joués des classiques comme ‘Blessed Ithiopia‘ sur laquelle Nish Wadada va aussi poser sa voix, ‘Evil Fi Bun‘ avec Rootsman au saxophone, l’énorme ‘Monsoon Come‘, ‘Matherial Things‘ avec une nouvelle intervention de la chanteuse capverdienne, ‘The Orchard‘, ‘Black Rose‘, ‘The River‘, ‘Footsteps‘, et en last tune le superbe ‘Oh Father‘… Une superbe performance, dans un style encore différent, c’est aussi ça le Dub Camp !

Photos : Loob, Johann & Charlotte © Culture Dub 2016

La suite et fin du live report du Dub Camp Festival 2016 prochainement sur Culture Dub… Stay connected !