Live Report – Tiken Jah Fakoly – Le Chato’do, Blois (41)

Vendredi 15 mars, au Nord de Blois, la salle du Chato’do a accueilli un grand artiste reggae, originaire de Côte d’Ivoire et réputé pour les messages engagés qu’il porte à travers ses chansons… Oui oui, c’est bien Tiken Jah Fakoly !! Ti Kaya nous raconte son concert mémorable…

Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly

 

Evidemment, le concert est complet ce soir et réunit un public des plus éclectiques : jeunes ou moins jeunes (voire même bien moins jeunes), grands ou petits, blancs ou noirs, styles classique ou baba-cool… Bref, Tiken Jah a cette force de tous nous réunir et c’est une belle chose particulièrement ces temps-ci…

Majnun

Majnun

En première partie, c’est Majnun, un artiste sénégalais, qui entre sur scène. Le visage a moitié maquillé, vêtu d’un sarouel et d’une chemise aux motifs africains, il va nous faire voyager en mêlant ses chansons à travers une réelle histoire, un conte.

Seul avec sa guitare, il passe des chants africains aux musiques soul et blues voire même latines ! Une superbe découverte, un artiste énergique et souriant qui vaut le détour !

Ses textes, aussi bien en chanson que lorsqu’il nous conte une histoire, sont recherchés et profonds. Il défend l’unité et la paix dans le monde en amenant à plusieurs reprise la question existentielle : « Quand est-ce que nous allons apprendre à vivre ensemble et n’être qu’un ? ».

Majnun évoque aussi l’importance de notre descendance et nous fais relativiser sur l’étape finale qu’est la mort : « Consentez donc à mourir avant de mourir afin de laisser la place au présent éternel. Car la vie n’est qu’une alternance de deux phases : la mort et la naissance ». A méditer…

Il nous quitte avec un chant d’espoir pour le continent africain, après avoir lu un passage du livre « Afrotopia » de Felwine Sarr, et laisse désormais place au « père » tant attendu…

A cet instant, je suis à deux mètres de la scène et me rends compte que je vais enfin voir celui que j’écoute depuis toute petite, sur les K7 ramenées d’Afrique par mon papa… Celui dont je chante les chansons sans cesse, qui a accompagné tous nos voyages et nous a apporté joie et bonne humeur mais aussi m’a éduquée à travers ses textes engagés… Après 15 ans, ça y est, j’ai la chance de voir Tiken Jah Fakoly en concert !

Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly

Vêtu traditionnellement, il arrive sur scène avec son bâton, accompagné d’un batteur, d’un bassiste, d’un guitariste, d’un claviériste, d’un musicien muni d’un xalam double puis de deux choristes ! Ils dégagent tous une joie de vivre, un élan de positivité qui nous fait tout oublier… Et qu’est ce que c’est bon !!!

Tiken Jah Fakoly débute son concert avec un medley de 4 titres extraits de son nouvel album « Racines » sorti en 2015 : ‘One Step Forward’, ‘Hills And Valleys’, ‘Fade Away’ puis ‘Brigadier Sabari’.

Pour la suite, il chantera plusieurs titres issus de 6 de ses albums, avec une belle énergie, toujours ses textes engagés qui ont un réel sens (et qu’est ce que ça fait du bien). On entendra notamment ‘Les Martyrs’ (« Cours d’Histoire », 1999) en version dubbée sur la fin, ‘Quand l’Afrique sa se Réveiller’ (« Dernier appel », 2014) avec tout plein d’émotion et d’espoir, puis ‘Human Thing’ (« Dernier Appel », 2014) en duo avec la choriste Wonda Wendy, superbe !

A travers le titre ‘African Revolution’ (« African Revolution », 2010), il fait passer message sur l’éducation, combat essentiel en Afrique pour l’artiste, tandis que sur ‘Too Much Confusion’ (« Dernier Appel », 2014) c’est le message écologiste qui lui tient à cœur : « Laissons la planète propre à nos enfants comme nos ancêtres l’ont fait pour nous »…

Sur ‘Plus rien de m’étonne’ (« Coup de Gueule », 2004) et ‘Ouvrez les Frontières’ (« L’Africain », 2007) Tiken est accompagné uniquement de percussions pour une rythmique plus profonde et marquée, digne des paroles… « Nous on vous ouvre les portes alors ouvrez nous les vôtres ».

Le concert se termine sur un rappel entrecoupé de passages Dub et un Tiken Jah qui court et saute partout : ‘Africa’ (« Francafrique », 2002). Il appelle encore une fois à l’unité des 54 pays d’Afrique et rend hommage à Thomas Sankara, homme politique assassiné et héros très plébiscité par la jeunesse africaine…

Bon vous l’aurez compris et vous vous en doutiez, ce concert est une bouffée d’énergie, de désir de partage et d’unité ! Y’en a qui en auraient bien besoin non ?

Bref, au delà de mes espérances, ce moment restera gravé dans ma mémoire et surtout dans mon cœur.

Comme dirait Tiken Jah, « RASTAFARI » !!!
« Le Rastafari ce n’est pas une culture c’est une réalité » (Bob Marley).

Live Report et Photos : Ti Kaya